8 juin 2024
Besoin d’approbation et besoin d’affirmation
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Le besoin d'approbation et le besoin d'affirmation se combattent parfois. Conscientiser son comportement permet de sortir de la soumission et ainsi prendre le risque de s'affirmer pour devenir soi.
Gwennaëlle Peuziat

Gwennaëlle Peuziat

Formatrice et cofondatrice

Besoin d’affirmation et besoin d’approbation

Face à l’autre, chacun d’entre nous est porteur de deux aspirations : la recherche d’affirmation et la recherche d’approbation. Et cela est amplifié avec les personnes qui comptent pour nous.

Un besoin d’être reconnu

Plus le besoin d’être reconnu est fragilisé ou blessé, plus le besoin d’approbation prend de la place en soi. Pourtant rechercher fréquemment l’approbation rend encore plus fragile le besoin d’être reconnu, créant ainsi un cercle vicieux. C’est le chat qui se mord la queue ! Avant de définir le besoin d’approbation, il est important d’expliquer le besoin d’être reconnu. C’est un des besoins humains les plus archaïques. Il s’agit de se sentir accepté tel que nous sommes, et non tel que l’autre voudrait que nous soyons. Les personnes qui ont un fort besoin de reconnaissance vont agir en faisant beaucoup pour les autres, donnant le meilleur d’elles-mêmes. Si leurs efforts ne sont ni reconnus ni appréciés, cela ravive des blessures profondes. Un manque de confiance et d’estime de soi s’installe. Ces personnes ont besoin d’être approuvées, gratifiées et perçues comme importantes et fiables. Sinon, elles se sentent mal aimées, blessées, inutiles, voire indignées à l’idée qu’on puisse penser qu’elles auraient dû en faire plus. Elles font tout leur possible pour satisfaire l’autre, espérant obtenir ainsi leur approbation.

Quand le besoin d’approbation prend le dessus

Le besoin d’affirmation est vital pour se différencier et exister par rapport aux autres. Le besoin d’approbation, en revanche, peut se manifester de diverses manières, souvent par une préoccupation excessive pour l’avis des autres. Il se traduit par des expressions comme « tu es d’accord avec moi… », « si tu veux… », « si tu le penses… », qui deviennent parfois des tics verbaux. Face à la réserve ou au refus de l’autre, lorsque notre besoin d’approbation est trop fort, nous renonçons à l’affirmation de soi.

Pour illustrer le besoin d’approbation et le besoin d’affirmation, voici deux exemples :

Une jeune danseuse : Une jeune, fraîchement diplômée, souhaite devenir danseuse. Ses parents, pensant qu’il est difficile de gagner sa vie dans ce métier, lui demandent de faire des études d’ingénieur. Deux choix s’offrent à elle : soit elle recherche l’approbation de ses parents et se soumet, soit elle s’affirme et poursuit son rêve de devenir danseuse.

« Je ne peux pas » : L’expression « je ne peux pas » pourrait être transformée en « je ne veux pas ». Dire « je ne veux pas » nécessite de s’affirmer, de prendre le risque de ne pas être approuvé, voire rejeté, et donc de ne pas être aimé. Par exemple : « Je ne peux pas faire cet appel au client. » Que tente de dire cette personne ? Ce qu’on lui demande ne correspond pas à ses valeurs ? Elle ne se sent pas prête ? Elle a peur que cette mission ne corresponde pas à son poste ? Elle pourrait dire :

  • « Je refuse cette demande, ce n’est pas dans mes valeurs, »
  • « Je ne me sens pas prête, »
  • « Je suis d’accord pour le faire même si ça ne correspond pas à mes compétences. Je voudrais m’assurer que c’est une demande exceptionnelle ou recevoir une formation appropriée. »

Si je privilégie le besoin d’approbation, les risques est de maintenir ma dépendance et mon malaise en m’adaptant au point de vue de l’autre au mépris de ma position. D’autres vont lutter contre et se maintenir dans l’opposition.

Le besoin d’affirmation : un besoin vital

Il est impossible de satisfaire simultanément les besoins d’approbation et d’affirmation. Un travail sur soi et une meilleure conscience de soi permettent de se demander : est-ce que je le fais pour l’autre ou pour respecter mon élan de vie ? En prenant le risque de s’affirmer, il faut renoncer à l’approbation des autres, en particulier de ceux qui nous sont proches. Si le besoin d’approbation domine, le besoin d’être reconnu sera fragilisé. Si l’affirmation de soi prend le dessus, le besoin de reconnaissance sera présent plus ou moins sensible ou plus ou moins à fleur de peau, et donc viable.

Il est important de noter que le besoin d’approbation peut parfois être sain et utile. Par exemple, pour valider un mémoire ou pour satisfaire un client, l’approbation est nécessaire. Un enfant a également besoin de l’approbation de ses parents pour se construire et gagner en confiance, avant de privilégier son besoin d’affirmation en grandissant.

Prendre le risque de s’affirmer

Prendre le risque de s’affirmer sans disqualifier l’autre, c’est non seulement se différencier, mais aussi commencer à grandir face à l’autre. La construction d’une autonomie relationnelle passe par cette étape. C’est aussi devenir qui je suis de façon unique. 

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